10.05.2009

Les Noces Rebelles de Sam Mendes

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Quel titre francais pourri ! Le titre en VO est Revolutionnary Road, c'est le nom de la rue ou habite Léonardo DiCabillaud et Kate Winslet, aucun rapport donc avec la révolution. Les amoureux de Titanic reviennent pour un nouveau naufrage, celui d'un couple qui meurt de l'intérieur, tué par le quotidien et le manque de folie de leur quartier morose peuplé de vieux et de familles modèles, genre Neuilly. Kate rêve d'aller emmenager à Paris, là ou les gens « vivent » vraiment, so romantic. Léo par contre il a un super contrat, il gagne de l'argent, et a pas trop envie d'aller enfiler des cuisses de grenouilles sous la tour Eiffel. Leur quotidien devient petit à petit affreux, gangrené par des disputes de plus en plus fréquentes, un lent glissement vers la séparation. Il n'y a que quand ils décident de franchir le pas, et de faire rééellement leurs valises que l'amour renait, le quotiden effacé par la perspective d'une vie future à la Française. Est ce que le couple va arriver à surmonter les obstacles qui se dressent devant leur rêve ? Léo DiCabillaud est il un homme poisson ? Autants de mystères qui seront résolus à la fin du film, comme c'est bien fait.

 

Sam Mendes ne m'a jamais véritablement passionné au cinéma, American Beauty est sans doute son meilleur film, le reste de sa filmographie est vraiment chiante. Adapté d'un bouquin de Yates (jamais lu), les Noces Rebelles est un drame intimiste très bien interprété par Kate Winslet, mais aussi chiant que les autres films du pére Mendes. Toute facon je le deteste il est marié à Kate dans la vie réelle, le salaud. C'est chiant parce que c'est encore réalisé sans aucune gourmandise, de facon très correcte il montre l'action à l'écran via une suite de plans fixes. C'est tout. La musique est horrible, la moindre émotion est propice à du violon style Redford premiere époque, le cadrage et la photo sont strictement inexpressifs, bref on se fait chier comme des rats morts pendant que Kate Winslet rêve de bouffer des escargots aux Champs Elysée. Super ambiance, rajoutez à cela les seconds rôles de chie et vous aurez vite envie d'ouvrir le gaz. Heuresement qu'il y a Léo Dicaprio qui imite le poisson d'une maniere assez incroyable, je pense sérieusement qu'il doit avoir des branchies dans les bajoues. Pour observer ce phénomene fabuleux il faut attendre les scènes d'intense tristesse : là le Léo serre les machoires comme jamais, fronce les sourcils, plisse les yeux, puis ca devient plus violent, la commissure de ses levres se tord, et on peut alors observer le phenomene, ses joues se mettent à trembler comme chez les poissons. C'est absolument fascinant.

 

Ben sinon ya pas grand chose à dire, j'aime pas du tout ce cinéma là, très autheurisant, genre théatre filmé. Heuresement que Kate Winslet sauve un peu le film de la monotonie abyssale, mais là encore rien de bouleversant. C'est quand même un sacré gachis, le thème du couple qui se fissure à cause de la société « marche ou creve » y'avait moyen de faire un grand film, surtout en ces temps où la seule alternative pour ne pas se tirer une balle reste de trouver une femme style Kate Winslet, et de lui faire des chiards qui se chargeront de vous faire oublier que vous allez passer 50 ans de votre vie à bosser pour babylone, en allant promener les gosses et le chien tout les weeks ends et en ayant deux semaines de vancances par an au camping de perpignant. Là on a juste du mal à imaginer que DiCaprio ait pu rater sa vie alors qu'il se léve le matin en étant même pas décoiffé.

11.09.2008

Hamburger Film Sandwich de John Landis

hamburgerfilmsandwichgf.jpgS'il y a des films importants, HFS en fait partie. John Landis, en 77, réalise surement un des films les plus importants de sa vie. En pleine période de guerre froide et du vietnam, il accouche d'une œuvre absolue mettant en scène les conflits Américains, et les rapports qu'ont entretenus les medias avec ces derniers. Loin des films militants et politiques de ses amis réalisateurs de l'époque, il se permet de réaliser une œuvre absolutiste et iconoclaste qui traite aussi bien de la reconnaissance des gerbilles pas la naissante société de consommation, du devenir des étudiantes catholiques ou des prothèses de mains dans les films de Kung Fu. Déjà en 77 le film dénonçait le plastique et sa terrible hégémonie sur les ménages américains.

 

Hamburger Film Sandwich est un bouleversement, une expérience artistique qui fera vaciller vos convictions profondes sur le monde et la libido des gorilles. Déjà Landis s'inquiétait de la liberté et de l'objectivité dans les medias : on se souviendra avec les larmes aux yeux de la scène de condamnation du journaliste piégé par une caméra omniprésente. Le châtiment encouru, forcement inhumain, donne encore des frissons à des millions de spectateurs ébahis : condamné à se rendre quotidiennement au travail sur un vélo sans selle. Fureur des sentiments, jaillissement de la conscience de masse dans le siècle du mass-média, le cinéma tutoie l'abyme. Dans un final terrifiant, la télé nous regarde : et si finalement nous avançons vers la solitude, c'est que l'essence augmente.

 

Puisqu'une bande annonce vaut mieux que 1000 mots :

 

08.09.2008

Gomorra de Matteo Garrone

18957812_w434_h_q80.jpgDans Gomorra, l'auteur prend le partie de montrer Naples sous l'emprise de la mafia comme une nouvelle Gomorrhe. C'est un film choral basique ou l'on suit les péripéties de divers personnages dans divers coins de la ville. Tous les personnages sont impliqués à différents niveaux dans la Camorra et l'on suit leurs activités quotidiennes pendant 2h20.

 

Le parti pris du film est de montrer Naples de manière spectaculaire pour l'européen de base, et accessoirement ridiculiser Marlon Brando et ses marshmallows dans les joues sur fond de violons lancinants. Pas de violons, Gomorra c'est la réalité réaliste, c'est la vraie vie comme au 20h. La mise en scène tu vois on oublie, faut que ca fasse brut de décoffrage, faut que ca soit moche et mal cadré pour qu'on y croie encore plus.  Toute façon on a un scénario tiré d'une histoire vraie, on peut faire ce qu'on veut. En conséquence le film est un amas d'images pas vraiment mise en rapport les unes aux autres, et surtout pas du tout porteuses d'un sens général. Il faut montrer aux gens, pas leur donner des idées non plus ! Il manquerait plus qu'ils remettent en question ce qu'ils voient, ce serait la fin du cinéma art et essai tel qu'on le connait.

 

Pourtant, toute cette cacophonie d'image à un certain charme. On a l'impression d'être à Babylone, la violence et l'incompréhension se diffuse dans toutes les strates de la cité, comme un virus invisible qui annihilerait la conscience. Aucun lien cinématographique entre les différentes histoires, on passe de l'une à l'autre sans même s'en apercevoir, comme si au fond on s'en foutait totalement, comme si la logorrhée était ininterrompue. Quelque part le film n'a ni début ni fin, et il pourrait ne jamais s'arrêter.

 

Sentiment mitigé, surtout que la fin du film est complètement en opposition avec ce que je viens de dire, puisque on a droits aux fameux cartons d'explications et de commentaires divers sur le bien fondé du film. Il aurait mieux valu ne donner aucune piste, ca aurait été plus intéressant. Une semi-réussite au final.

09.06.2008

JCVD de Mabrouk El Mechri (2008)

18931367_w434_h_q80.jpgCa commençait plutôt bien ce film. Un grand plan séquence improbable, ou l'on se croirait dans un jeu vidéo un peu détraqué, ou rien ne se passe vraiment comme on voudrait. L'image volontairement un peu crade, la caméra portée, ca sent le film faisandé. Le problème, c'est qu'immédiatement après, on retombe dans le sacro saint second degré, dans la parodie, dans la moquerie. Et c'est parti pour tirer la brouette pendant 1h30, un vrai faux polar maquillé en portrait, comme on maquillerait une 2 cv en Porsche : rien ne tient vraiment la route, malgré les idées qui jalonnent le film.

 

Parce que des idées, il y en a quand même un peu, et qui sont même assez originale dans ce contexte (deus ex machina, répétitions quasi infinie des mêmes événements), mais noyées dans un affreux goulbi-boulga de ciné branché et intello franchouillard détestable, comme cette utilisation de la photo vraiment à chier, de ce cadrage précieux et autheurisant détestable, de ces acteurs insupportables qu'on claquerait au bout de 5mn de métrage, de cette prétendue poésie en fait cache sexe du vide (le réalisateur a fait la promo de son film chez Cauet), de l'utilisation des citations de Shakespeare, tout un tas d'élément mis bout à bout qui rendent vraiment éprouvante la vision de ce film.

 

Seul Van Damme a l'air honnête et sincère, victime sans doute de ce système que le film est censé dénoncer, donnant lieu a quelques scénette tristes et désespérante, comme des images de vies brisées a jamais par la vision "bien pensante" du milieu a son égard, comme un enfant fou a qui on mettrait du scotch sur la bouche…

 

Soi disant le film voulait montrer un autre aspect de Van Damme que celui colporté par les média : et bien c'est réussi quelque part, car seul Van Damme sort indemne de ce film, c'est le seul à avoir gardé un semblant d'honneur quand l'intelligentsia intello franchouillarde-inrocks sort la grosse artillerie, celle du second degré comme arme de destruction de l'innocence, comme celle des gouts non assumés portés en étendard pour se créer une différence.

 

Le chemin du vertueux en sorte.

Verdict :

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03.06.2008

Traque Sanglante (Straightheads) de Dan Reed (2005)

410973203.jpgJe ne sais pas ce que les héros de X-Files ont en ce moment (un x-files 2 ?), mais entre Duchovny qui fait son Beigbeder dans Californication et Gillian Anderson qui tourne dans des Rape & Revenge, l'image classe des deux acteurs en prend vraiment un sacré coup. Surtout que ces deux acteurs avaient un peu disparus de la circulation, a mon plus grand malheur.

 

Angleterre. Gillian Anderson est une riche cadre d'une grande société. Adam est installateur de système de sécurité sans fil. Il a comme cliente madame. Un soir, alors qu'il effectuait une installation, il se prend a espionner Gillian sous la douche… il est pris sur le fait par la demoiselle qui l'invite à l'accompagner dans une fête, dans la campagne. La fête se passe bien, tellement bien qu'une relation plus que sexuelle s'établit entre Adam et Alice… La nuit s'annonçait idyllique, mais c'était sans compter un groupe d'habitants du cru qui vont agresser et violer Adam et Alice. Humiliés et défigurés, par leurs agresseurs puis par la police qui classe l'affaire, ils vont se venger…

 

Scénario très classique pour du "rape & revenge", vous en conviendrez. Pourtant le film est traité de manière originale,  tant dans les thèmes abordés, que dans la mise en scène. Et mes amis, quel plaisir ! Retrouver ce bon vieux genre de série B qui a connu son heure de gloire dans les années 70, avec un traitement original et sincère, ca vous change des remises sur le marché à la George "Jabba" Lucas pour la course au pognon ! Filmé en vidéo et avec très peu de moyen, mais avec soin et une véritable vision subjective du sujet, ce Traque Sanglante, sorti en DVD dans l'indifférence générale, mérite vraiment d'être défendu.

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Filmé en vidéo, certes, mais avec soin, que ce soit dans le cadrage ou dans la photo. Il n'y a aucun plan filmé à l'épaule, tout est en plan fixe, l'échelle de plan est agréablement variée sans chercher à épater a tout prix le spectateur, c'est très bien. Là où ca devient excellent, c'est dans la photo et le son, épatants à tout points de vue : les images sont sombres et un peu bleutées, mais plus dans la veine de films comme Sombre de Gandrieux que des la traditionnelle image bleutée-grisâtres high tech des grosses productions US.  Couplée à une bande-son composée de musiques très discrètes, mais ou les sons de l'environnement  sont utilisés comme véritable levier narratifs (le son électronique de la voiture pendant le viol), cela donne une ambiance pesante et un peu glauque absolument effrayante. Dans le scénario comme dans la mise en scène, on s'éloigne assez vite du traditionnel Rape & Revenge, et on ne sait jamais ou va le film, ce qui est passionnant. La grande originalité, c'est de marier des thèmes graves et plutôt glauques avec une mise en scène "à hauteur d'homme" (copyright les Inrocks) : le film traite de la misère sexuelle et affective, de la perte du désir, et cela pas seulement en milieu rural comme papy Boorman (il ya d'ailleurs un élégant clin d'œil à Délivrance), mais également dans les milieux classe comme celui d'Alice (la fête qui vire à l'orgie, le porno sur TV full HD…). Cette misère associée a une mise en scène "crue" et une image sombre crée une ambiance vraiment angoissante. Le film fonctionne très bien.

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Les seuls reproches que je ferais au film, c'est la psychologie des personnages qui part un peu dans la caricature à certains moments. Le film est très court, 1h15, mais est maitrisé de bout en bout, prenant toujours le spectateur par surprise. Le fin est très belle et un peu ambigüe (les deux femmes), ce qui laisse planer un sentiment mitigé après la vision du film. Un peu de sublime dans un monde de brute…

04.03.2008

There will be blood de Paul Thomas Anderson -2008-

1702524499.jpgJe ne veux pas croire que Paul Thomas Anderson soit de la même famille que Pamela Anderson, ce serait une sublime idée que d'imaginer le repas dominical dans la famille Anderson, avec Wes Anderson comme petite frère. Finalement, il suffirait de s'appeler Anderson pour faire du cinéma, ce qui serait en un sens parfaitement justifié, au regard de l'inventivité des prénoms : Paul Thomas, Wes, Pamela. Quelle magnifique famille.

 

Il y aura du sang, certes, mais pas chez les critiques apparemment, qui n'en finissent plus de s'enthousiasmer devant ce qu'ils n'hésitent pas appeler chef d'œuvre de la décennie, et tutti quanti. Je voudrais juste rappeler que dans les même journaux ils encensent Bienvenue chez les ch'tis. Voilà, c'est fait. Il n'y a guère que les Inrocks qui hurlent à la supercherie, mais bon chez eux c'est chronique, il faut toujours qu'ils rappellent à leurs lecteurs qu'ils ne sont pas dans "le moule".

 

Ce vieux briscard de Daniel Day Lewis, son truc dans la vie c'est de creuser. Ce qui ne fait pas de lui un Shadocks, c'est toujours ca. Et il creuse pendant les 20 premières minutes du film. Et le public est CONTENT. Ensuite Daniel Day Lewis, qui s'est cassé la jambe dans son trou, et qui arrive à en ressortir, se dépêche de creuser un autre trou, mais avec des amis à lui, parce qu'il veut des trous encore plus gros. Par mégarde, un de ses amis fait tomber au fond d'un trou, une espèce de suppositoire en fonte dont je n'ai pas compris l'utilité et dont je ne veux surtout pas comprendre l'utilité, et perce une membrane terrestre, et boum, pétrole. Le seul hic, c'est que le suppositoire en question n'a fait que trouer la membrane terrestre, mais aussi Michel, 27 ans, saisonnier dans le Kansas. Michel était un ami de Daniel. Michel avait un fils, en haut du trou (rien à voir avec les enfants Dutroux, donc). Daniel, ému, adopte l'enfant, et en fait son fils. Il lui communique sa grande passion pour la perforation de la couche terrestre et en fait son associé. La machine s'accélère un peu, et ils se retrouvent tout deux a la tête de tout un tas de trou qui servent à ramasser du pétrole. Surgit alors un jeune évangéliste qui bénit les trous (sic), et chasse les démons vu qu'il exerce aussi en tant que prophète. Le prophète et le pétrolier vont vite se retrouver en situation de conflit, attirés qu'ils sont par les trous, et le pouvoir. Car le prêcheur est un peu syndicaliste aussi, et il souhaite que les ouvriers puissent creuser sereinement, en pensant aux cieux du font de leurs trous. Soudain le drame : dans un trou non-béni le fils de Daniel, en fait celui de Michel, 27 ans, mort au fond du trou, subit une explosion et devient sourd !

 

Déjà, si vous êtes claustro vous pourrez regardez le film sans problèmes, ce n'est que du cinéma. Rassurez vous c'est facile a comprendre comme histoire, pendant les 2h38 du film il n'y a que 4 ou 5 personnages, et qu'un seul moustachu, pas comme les autres films de P.T. Anderson (j'en ai vu qu'un en fait) ou il y a des grenouilles et des scientologues, parfois les deux en même temps. Très classique, très très classique, trop classique même, du graaaannnd cinéma américain, avec le scope et les personnages grandiloquents qui vont bien. En fait ce film m'a fait penser à Aviator, le navet impensable de Scorsese. C'est à peu de choses prêt similaire, sauf que l'on s'ennuie beaucoup moins ici, du a une plus grande variété de plans, d'échelles et d'axes. Et du aussi aux deux acteurs principaux, qui même si ils patatent allégrement, sont tout de même assez concernés par le sujet. Surtout l'émouvant Paul Dano qui est une vraie raison d'aller voir le film. Pour le reste, quand on a vu il n'y pas longtemps le dernier film des Cohen, on regarde ce There Will Be Blood avec une paupière vaguement plus haute que l'autre, comme on attend qu'un cours d'histoire d'un prof passionnant se termine quand même pas trop tard. C'est bien fait, intéressant, un peu énervant, très énervant même cette bande son moderniste sur un film qui ne l'est absolument pas, voir même agaçant. Le tout est quand même très théâtral, malgré une ou deux séquences qui essaient de nous faire ressentir l'émotion qu'il peut y avoir à creuser des trous, à devenir un trou même, dans une grande emphase pour les reliefs négatifs. Si ca intéresse les gens au moins autant que de rire des habitants du pas de calais, je m'incline.

30.01.2008

No country for old man -Joel et Ethan Coen 2008-

31b84ab0383483b30c40436ae2bec9df.jpgApres avoir moisi chez Tim Burton, on va vite prendre le grand air chez les Coen. Fini les gothiques lugubres qui se trucident dans des cadres minuscules : les Coen sortent le scope et s'en vont filmer le Texas.

 

Le désert, au petit matin. Le bruit du vent, la lumière du soleil, et un beau massacre de mexicains. De la drogue, des sous, il n'en fallait pas moins pour Josh Brolin, soudeur a la retraite qui voit d'un bon œil les 1,5 milliards qui reposent au soleil. Bien évidemment, l'argent est rarement dispensées généreusement dans le désert texan, et le redoutable Javier Bardem retrouve rapidement la trace de notre bon Josh.

 

La ligne est claire, la survie, difficile. Difficile d'être un tueur en série avec une coupe de cheveux incertaine. Difficile aussi de faire son boulot de Sheriff dans un monde ou tout fout le camp. Vieillir au Texas, ou comment finir avant l'heure. Loin des récentes diatribes incessantes des derniers Coen, No country... marche à l'économie, pour ne garder que la quintessence des dialogues, que la stricte musique nécessaire (Tim, si tu nous écoute), aussi  dépouillé que la conscience morale du tueur, aussi sec que la relation entre Brolin et sa femme, les frères Coen se débarrassent enfin de leur difficile période.  Il y aurait beaucoup de façons d'interpréter le film, mais le plus important est de s'y installer, de prendre son temps, de guetter les minces signes qui indiquent la fatalité, de s'attarder sur les derniers détails avant de partir pour de bon. Se perdre avec lassitude dans les méandres crée par trois fois rien, puis émerger dans les phases les plus difficiles de la traque.

 

Même la meilleure volonté du monde ne fera pas du Texas un endroit décent pour vivre. Photo superbe, rythme dépaysant et jeux permanents sur le son, voilà de la mise en scène. Et quand les acteurs sont aussi bons, je ne vois pas de raisons de louper le spectacle.

 

Sauf si vous projetez de passer la frontière, bien sûr.

04.10.2007

7h58, ce samedi-là -Sydney Lumet 2007-

cf335f036056f7c7cca19b69c5b8c314.jpgDifficile de parler de ce film. Je ne suis pas très client du cinéma de Lumet, enfin du peu que j'ai vu de lui, et son style dit "classique" m'a toujours un peu emmerdé.  C'est donc à reculons que je suis entré dans la salle, et au final, surprise, je n'ai pas été déçu. Mais c'est assez difficile de parler de ce film, dans la mesure où je n'ai pas tout a fait compris où il voulait en venir, si c'est juste un espèce de drame nihiliste ou du foutage de gueule pur et simple.

Ethan Hawk et Philip Seymour Hoffman sont frères. Ils sont aussi bon gestionnaires financiers qu'une adolescente en période de solde, et se retrouvent un beau jour au pied du mur, tellement endettés que la seule solution pour eux est d'organiser un braquage. Pas n'importe quel braquage, puisque ils décident que la bijouterie qu'ils connaissent le mieux est quand même celle de leurs parents, et en plus c'est à coté de chez eux. Ni une, ni deux, le coup est mené par le plus jeune (Hawk) sous les conseils du plus âgé (PSH). Or comme le gaillard est autant cambrioleur que moi, ça tourne vite a la catastrophe.

Résumé comme ça, je me suis dit que ça aurait été un bon Woody Allen. Ici c'est juste le contraire, c'est une sorte de série noire interminable qui entraîne tous les membres de la famille dans une chute vertigineuse. Autant vous dire que ca ne rigole pas beaucoup dans les chaumières.

Indéniablement c'est un très bon film. Mentions spéciale aux acteurs qui sont impressionnant tous autant qu'ils sont (il y a ce cinglé de Michael Shannon !). Si le scénario si il fait craindre le pire au premier abord, il est prétexte ensuite à une noirceur glaçante et terrifiante qui provient essentiellement de la mise en scène. On est loin de papy Eastwood qui sur des bases similaires à commis Million Dollar Baby. Je pense même que Lumet lui met un grand coup de pied dans le derrière, notamment dans la scène finale, strictement opposée a la fin du film sus-cité. Lumet s' intéresse à l'humain, il ne fait pas trop de plans d'ensemble et cadre superbement les protagonistes de l'histoire. Point donc de photo bouleversante ni de plans esthétiques, tout est au service de la noirceur et du glauque : la durée des plans et le montage sont particulierements réussis. Putain ce mec vous fait ressentir ce qu'est un coup de flingue !

En fait, ce qui me gène un peu dans le cinéma de Lumet c'est qu'il utilise beaucoup les décors comme levier de mise en scène, au détriment du son par exemple. En fait sa grande trouvaille c'est que les décors sont un reflet des émotions du personnage : mouais, un mec qui fait des décors, pour moi c'est un décorateur. Sur 7h58, c'est quand même ce que j'ai vu de mieux chez lui, au niveau mise en scène : échelle de plan utilisée de manière remarquable malgré le format, formidable direction d' acteurs, jeu sur la durée des plans... C'est quand même du vrai cinéma. Pour moi, ce n'est même plus du classique, en tout cas on est loin de 12 hommes en colères. Chose amusante, il utilise les mêmes transitions que dans Easy Rider, film expérimental par excellence des années 70, et c'est plutôt bien pensé. Le seul bémol, c'est la musique et l'utilisation du son, pour le coup très classique, au mauvais sens du terme.

Et alors voila. Au final, est ce que c'est juste complètement cynique parce que Lumet est devenu vieux et aigri, ou alors 7h58 est extremement moralisateur, voire extrémiste ? Si vous avez un point de vue, il est le bienvenu. Toujours est il que le film est réussi, au moins dans l' ambiance et les émotions qu'il suscite.