26.04.2009

Forgetting Sarah Marshall (réalisé par un gros tacheron quelquepart pendant le XXIe siècle)

Il fallait au moins ça pour ressusciter ce blog de merde des tréfonds de l'Internet où il se mouvoyait lentement au grè des mouvements de fonds de l'océan global, louvoyant entre les algues abyssales comme un gros lamantin à moitié crevé.

 

Le cas qui nous ramene au top des charts de l'internet (rires) est une énieme production Apatow (il est capable de produire tout et n'importe quoi, le plus fort c'est que les inrocks applaudissent tout le temps) avec Jason Segel (miam) dans le rôle principal et quelques greluches tahiti douche venues rentabiliser leurs vacances à Hawaii. A priori ce fut des vacances pour tout le monde vu la qualité du métrage.

 

Jason Segel se fait larger par Julie Lescaut la bite à l'air, et sur les conseils de son frére (un gros con geek) il va consumer son chagrin d'amour à hawaii, la vie est trop dure. Avion, hôtel, alhoa, merci pour nous. Sur place il est trop triste il se bourre la gueule avec des cocktails à 50 € dans la suite royale de l'hotel pendant que son ex copine se trouve par hasard dans le même palace en comapgnie de son nouveau boyfriend, paco, un mix entre Pete Doherty et Antonio Banderas. Trop galere Jason enchaine les soirées alcoolisées, les siestes sur la plage et les cours de surf. Dans son épouvantable malheur il rencontre un rayon de soleil en la personne d'un personnel hôtelier féminin grave bonne qui a une petite fleur dans les cheveux et un sourire qui donne envie d'aller se doucher illico. Il tombent amoureux, et au même moment Julie Lescaut se rend compte que l'espèce de remugle purulent qui lui sert de nouveau copain est le dernier des conards. Alors elle se souviens que Jason était trop génial, mais maintenant il se tape l'autre bonnasse de l'accueil et il ne bande plus pour elle.

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemin, ce film m'a vraiment foutu les boules. En gros on se retrouve catapulté en plein XIXé siècle, comédie romantique entre gens de la haute qui vont combler un chagrin d'amour à Hawaii du jour au lendemain, en claquant des doigts. L'aristocratie n'est pas loin, le personnage principal passe ses journées à glander entre son écran plasma, son mac et son piano à 12 000 € en bouffant des chocapics par saladiers entiers. Lorsque sa meuf le largue, il est anéanti. Mais loin de lui l'idée de remettre en question sa vie, de reflechir au sens de l'existence. Il part pour Hawaii se bourrer la gueule sous les cocotiers avec des fleurs autour du cou. A Hawaii les gens sont heureux, aprés tout même les insulaires sont des bons gars bien gentils qui passent la journée à surfer et a preparer des pinas coladas tout en photographians des nibars pour les accrocher dans les toilettes de leurs chiottes en bambous. On croit rever, Tintin au congo c'était il y a presque un siècle quand même. Enfin bref, tout va bien, le chagrin d'amour disparait vite et le mec se retrouve à se faire draguer par deux bonnasses et fait ami-ami avec une rock star entre deux siestes au soleil. Vraiment dur la vie hein.

 

Le plus gros dans cette affaire c'est qu'on voudrait nous faire ressentir de l'émotion, de la tristesse dans cette publicité de 2h ! Je passe sur la mise en scène inexistante, les violons qui apparraissent à tout bout de champs et le montage à la volée qui consiste en une succession de tableau comiques et/ou émotionnels collés les uns à la suite des autres. Non, c'est du professionnalisme dans le foutage de gueule, non seulement on nous prend pour des cons, mais en plus on nous le dit clairement.

 

Ou est l'interet là dedans ? Il n'y a aucun lien avec la réalité, donc aucun comique possible, aucune émotion à retranscrire. On nous fait prendre des vessies pour du gel douche. Je veut bien que la fiction soit le réel, que le réel est du domaine de l'esprit et non des choses qui l'opacifient, mais là on ne voit plus rien. Je ne sais pas ce que c'est. Tout est absolument caricatural, on dirait un roman érotique du XIXé siècle, avec plus de bites. Ah ouais, comme dans Lady Chatterlay tiens.

 

Pendant ce temps, quand tu te fait larguer par ta meuf à 40 ans parce que tu t'es fait licencier de ton usine à Roubaix, et que l'avenir c'est le carton et la rue, on doit attendre quoi de la vision d'une telle daube ? Le supplément d'ame il est ou ? Non seulement tu perd 8 €, mais aprés il te reste juste à te flinguer.

 

Aloa !

18943517_w434_h_q80.jpg

 

28.08.2007

En cloque, mode d’emploi -Judd Apatow 2007-

cc189ed5cb4529fb5aa8fd0549ae8e24.jpgApatow, si, vous lisez régulièrement mon blog ou les blogs voisins, vous connaissez forcément : papa de la magnifique série Freaks and Geeks et réalisateur du très bon 40 ans toujours puceau, beau palmarès, il a de quoi réconcilier n’importe quel cinéphile aguerri avec les comédies pour adolescents (teen movies de l’autre coté). Vous allez me dire c’est pas du Bergman, et vous aurez tort, Apatow n’a pas son pareil pour étudier la mécanique des couples (voire la bouleversante peinture de la famille de Lindsey dans Freaks and Geeks). Enfin bref, histoire.

Ben Stone (Seth Rogen) vit avec quatre de ses potes dans un appartement afin de mettre sur pied un site internet qui devrait les mettre à l’abri du besoin pour le restant de leurs jours. Pour cela, ils ont trouvés l’idée géniale qui fera le succès de leur entreprise : ils vont recenser toutes les scènes ou l’on voit des actrices dénudées dans des films et noter les temps exacts ou l’on voit lesdites scènes.  Ils travaillent d’arrache pieds à créer ce site, c'est-à-dire en fumant des joints toute la journée et en sortant en boite le soir.  Un beau soir, Ben fait la connaissance d’Alison (Katherine Heigl)  venue fêter sa promotion en boite (pardon, dans un club de nuit) dans la chaine de TV où elle travaille. Nos deux comparses finissent la soirée ivres morts et commettent l’irréparable : ils vont omettre d’enfiler le précieux condom… Huit semaines et une meiose/mitose plus tard Alison a des nausées sur son lieu de travail. Alison n’est pas au beau fixe, d’autant plus qu’elle s’est rendu compte que Ben est un geek un peu beauf, un peu gros et qu’il ne correspond pas tout à fait a son plan de carrière/vie.

Avec un scénario rappelant l’affreux 4 mois, 3 semaines et 2 jours, Apatow (aussi scénariste)  déroule un tapis de gags et de situations cocasses des plus réjouissants. En confrontant deux milieux sociaux complètements différents et opposés (une famille de gens avec de bonnes situations, obsédés par leurs corps et leur apparence physique et une bande de jeunes cons chevelus et obeses), un sujet certes pas nouveau au cinéma, Apatow arrive à jeter un regard neuf et complètement en phase avec l’époque actuelle. C’est avec un évident bonheur que toute l’équipe de Freaks and Geeks reprend le chemin des claps (n’importe quoi) et la galerie de personnage dépeint est proprement grandiose (on a même droit à un cameo de James Franco, dans une scène sublime et MARTIN STARR est méconnaissable). L’écriture et les acteurs sont en effet au poil, et les vannes répondent aux vannes sans arrêt.  La comédie romantique ne s’est jamais aussi bien portée (je regarde en ce moment How i met your mother) et tant mieux tant ce genre est scandaleusement massacré le reste du temps.

353c4cc802752d2fe1c870b093f9e501.png
"Je m'appelle Revanche" (photo tirée du film En cloque mode d'emploi

 

Bien plus que cela, Freaks and Geeks comme En cloque… m’ont toujours parus tragique et horrible : en surface c’est une comédie, mais en deux scènes tu peux chialer devant l’horrible gouffre qui vient de s’ouvrir à tes pieds : tout d’un coup le couple qui est montré devant toi, et que tu as suivi tout le film sont d’horribles beaufs, et encore pire, pourrait bien être ton couple dans 10 ans. C’est comme si tout d’un coup le maquillage tombait pour révéler d’affreux démons bien loin de toute humanité. En fait Apatow ne cherche pas seulement à faire des gags, sans quoi on aurait une comédie « a la française » mais cherche avant tout une justesse et une émotion qui fera passer du rire aux larmes en deux plans. Le couple est présenté comme l’instrument de la société pour broyer l’individualité, un espèce de compromis inhumain qui absorbe les différences pour faire paraitre heureux et oublier l’essentiel, la communication et l’élévation spirituelle.

Voir ca jeune, ca aide pas à envisager la suite…