10.05.2009

Les Noces Rebelles de Sam Mendes

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Quel titre francais pourri ! Le titre en VO est Revolutionnary Road, c'est le nom de la rue ou habite Léonardo DiCabillaud et Kate Winslet, aucun rapport donc avec la révolution. Les amoureux de Titanic reviennent pour un nouveau naufrage, celui d'un couple qui meurt de l'intérieur, tué par le quotidien et le manque de folie de leur quartier morose peuplé de vieux et de familles modèles, genre Neuilly. Kate rêve d'aller emmenager à Paris, là ou les gens « vivent » vraiment, so romantic. Léo par contre il a un super contrat, il gagne de l'argent, et a pas trop envie d'aller enfiler des cuisses de grenouilles sous la tour Eiffel. Leur quotidien devient petit à petit affreux, gangrené par des disputes de plus en plus fréquentes, un lent glissement vers la séparation. Il n'y a que quand ils décident de franchir le pas, et de faire rééellement leurs valises que l'amour renait, le quotiden effacé par la perspective d'une vie future à la Française. Est ce que le couple va arriver à surmonter les obstacles qui se dressent devant leur rêve ? Léo DiCabillaud est il un homme poisson ? Autants de mystères qui seront résolus à la fin du film, comme c'est bien fait.

 

Sam Mendes ne m'a jamais véritablement passionné au cinéma, American Beauty est sans doute son meilleur film, le reste de sa filmographie est vraiment chiante. Adapté d'un bouquin de Yates (jamais lu), les Noces Rebelles est un drame intimiste très bien interprété par Kate Winslet, mais aussi chiant que les autres films du pére Mendes. Toute facon je le deteste il est marié à Kate dans la vie réelle, le salaud. C'est chiant parce que c'est encore réalisé sans aucune gourmandise, de facon très correcte il montre l'action à l'écran via une suite de plans fixes. C'est tout. La musique est horrible, la moindre émotion est propice à du violon style Redford premiere époque, le cadrage et la photo sont strictement inexpressifs, bref on se fait chier comme des rats morts pendant que Kate Winslet rêve de bouffer des escargots aux Champs Elysée. Super ambiance, rajoutez à cela les seconds rôles de chie et vous aurez vite envie d'ouvrir le gaz. Heuresement qu'il y a Léo Dicaprio qui imite le poisson d'une maniere assez incroyable, je pense sérieusement qu'il doit avoir des branchies dans les bajoues. Pour observer ce phénomene fabuleux il faut attendre les scènes d'intense tristesse : là le Léo serre les machoires comme jamais, fronce les sourcils, plisse les yeux, puis ca devient plus violent, la commissure de ses levres se tord, et on peut alors observer le phenomene, ses joues se mettent à trembler comme chez les poissons. C'est absolument fascinant.

 

Ben sinon ya pas grand chose à dire, j'aime pas du tout ce cinéma là, très autheurisant, genre théatre filmé. Heuresement que Kate Winslet sauve un peu le film de la monotonie abyssale, mais là encore rien de bouleversant. C'est quand même un sacré gachis, le thème du couple qui se fissure à cause de la société « marche ou creve » y'avait moyen de faire un grand film, surtout en ces temps où la seule alternative pour ne pas se tirer une balle reste de trouver une femme style Kate Winslet, et de lui faire des chiards qui se chargeront de vous faire oublier que vous allez passer 50 ans de votre vie à bosser pour babylone, en allant promener les gosses et le chien tout les weeks ends et en ayant deux semaines de vancances par an au camping de perpignant. Là on a juste du mal à imaginer que DiCaprio ait pu rater sa vie alors qu'il se léve le matin en étant même pas décoiffé.

26.04.2009

Forgetting Sarah Marshall (réalisé par un gros tacheron quelquepart pendant le XXIe siècle)

Il fallait au moins ça pour ressusciter ce blog de merde des tréfonds de l'Internet où il se mouvoyait lentement au grè des mouvements de fonds de l'océan global, louvoyant entre les algues abyssales comme un gros lamantin à moitié crevé.

 

Le cas qui nous ramene au top des charts de l'internet (rires) est une énieme production Apatow (il est capable de produire tout et n'importe quoi, le plus fort c'est que les inrocks applaudissent tout le temps) avec Jason Segel (miam) dans le rôle principal et quelques greluches tahiti douche venues rentabiliser leurs vacances à Hawaii. A priori ce fut des vacances pour tout le monde vu la qualité du métrage.

 

Jason Segel se fait larger par Julie Lescaut la bite à l'air, et sur les conseils de son frére (un gros con geek) il va consumer son chagrin d'amour à hawaii, la vie est trop dure. Avion, hôtel, alhoa, merci pour nous. Sur place il est trop triste il se bourre la gueule avec des cocktails à 50 € dans la suite royale de l'hotel pendant que son ex copine se trouve par hasard dans le même palace en comapgnie de son nouveau boyfriend, paco, un mix entre Pete Doherty et Antonio Banderas. Trop galere Jason enchaine les soirées alcoolisées, les siestes sur la plage et les cours de surf. Dans son épouvantable malheur il rencontre un rayon de soleil en la personne d'un personnel hôtelier féminin grave bonne qui a une petite fleur dans les cheveux et un sourire qui donne envie d'aller se doucher illico. Il tombent amoureux, et au même moment Julie Lescaut se rend compte que l'espèce de remugle purulent qui lui sert de nouveau copain est le dernier des conards. Alors elle se souviens que Jason était trop génial, mais maintenant il se tape l'autre bonnasse de l'accueil et il ne bande plus pour elle.

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemin, ce film m'a vraiment foutu les boules. En gros on se retrouve catapulté en plein XIXé siècle, comédie romantique entre gens de la haute qui vont combler un chagrin d'amour à Hawaii du jour au lendemain, en claquant des doigts. L'aristocratie n'est pas loin, le personnage principal passe ses journées à glander entre son écran plasma, son mac et son piano à 12 000 € en bouffant des chocapics par saladiers entiers. Lorsque sa meuf le largue, il est anéanti. Mais loin de lui l'idée de remettre en question sa vie, de reflechir au sens de l'existence. Il part pour Hawaii se bourrer la gueule sous les cocotiers avec des fleurs autour du cou. A Hawaii les gens sont heureux, aprés tout même les insulaires sont des bons gars bien gentils qui passent la journée à surfer et a preparer des pinas coladas tout en photographians des nibars pour les accrocher dans les toilettes de leurs chiottes en bambous. On croit rever, Tintin au congo c'était il y a presque un siècle quand même. Enfin bref, tout va bien, le chagrin d'amour disparait vite et le mec se retrouve à se faire draguer par deux bonnasses et fait ami-ami avec une rock star entre deux siestes au soleil. Vraiment dur la vie hein.

 

Le plus gros dans cette affaire c'est qu'on voudrait nous faire ressentir de l'émotion, de la tristesse dans cette publicité de 2h ! Je passe sur la mise en scène inexistante, les violons qui apparraissent à tout bout de champs et le montage à la volée qui consiste en une succession de tableau comiques et/ou émotionnels collés les uns à la suite des autres. Non, c'est du professionnalisme dans le foutage de gueule, non seulement on nous prend pour des cons, mais en plus on nous le dit clairement.

 

Ou est l'interet là dedans ? Il n'y a aucun lien avec la réalité, donc aucun comique possible, aucune émotion à retranscrire. On nous fait prendre des vessies pour du gel douche. Je veut bien que la fiction soit le réel, que le réel est du domaine de l'esprit et non des choses qui l'opacifient, mais là on ne voit plus rien. Je ne sais pas ce que c'est. Tout est absolument caricatural, on dirait un roman érotique du XIXé siècle, avec plus de bites. Ah ouais, comme dans Lady Chatterlay tiens.

 

Pendant ce temps, quand tu te fait larguer par ta meuf à 40 ans parce que tu t'es fait licencier de ton usine à Roubaix, et que l'avenir c'est le carton et la rue, on doit attendre quoi de la vision d'une telle daube ? Le supplément d'ame il est ou ? Non seulement tu perd 8 €, mais aprés il te reste juste à te flinguer.

 

Aloa !

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09.12.2008

Délire Express de David Gordon Green

 

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Les productions Apatow se suivent et se ressemblent de plus en plus... Ici Seth Rogen et James Franco se retrouvent au cœur d'une affaire de meurtre alors qu'ils fumaient tranquillement de l'herbe élaborée secrètement par l'armée dans les années 80. S'ensuit une fuite à travers les Etats Unis pour échapper à leurs ennemis...

 

Superbe scène d'introduction, même si le noir et blanc n'est pas forcement intéressant dans l'utilisation qui en est faite. Le scope est très beau, et la photo ma foi fort jolie. Le duo Rogen/Franco, sur quoi repose le film marche plutôt bien, même si Rogen a tendance à en faire un peu trop. C'est même un vrai plaisir de retrouver Franco dans un rôle vraiment comique, ce qui lui va à merveille, son personnage ayant des petits airs de celui qu'il interprétait dans Freaks and Geeks..

 

Bon, tout ca est très joli, malheureusement le reste est un peu moins sexy : les seconds rôles sont très peu intéressants, trop caricaturaux et souvent mal interprétés. Le couple de méchant par exemple est assez insupportable, sans parler des éternels méchants chinois vu et revus 50 fois… De même le film dure quand même prés de deux heures, une habitude dans les productions Apatow certes, mais là c'est quand même longuet. Les scènes d'actions sont le principal problème du film, mal montées, longues, et là encore d'une originalité qui reste à démontrer, à l'image de la très pénible scène finale interminable. Le film parait au final assez vide, on a passé un bon moment, mais c'est bien que ca ce finisse quand même. On est loin du charme d'un En Cloque qui abordait des sujets graves avec une certaine finesse, ou du très potache SuperBad qui ne brillait pas par son intelligence certes mais qui m'a valu quelques crises de rires. La mise en scène est particulièrement anonyme et plan-plan, seul les gag entre Franco et Rogen empêche le spectateur blasé de s'endormir.

 

En bref, Délire Express est un film très inégal, porté par un duo d'acteur fonctionnant à merveille à l'origine de scènes extrêmement drôles, qui fonctionnent vraiment. Le  film aurait beaucoup gagné à éluder les scènes d'actions et à se concentrer sur le coté "buddy movie", les explosions et autres fusillades ayant autant d'intérêt qu'un film de Michael Bay. Au final le film perd beaucoup en singularité et en originalité pour ne devenir qu'un divertissement de plus. Mouais…

26.11.2008

Sukiyaki Western Django de Takashi Miike

sukiyaki-western-django.jpgAïe Aïe Aïe. Ca va être difficile de parler du nouveau film de ce cinglé de Miike, dont je n'ai absolument rien compris et qui fait tout son possible pour énerver au maximum le spectateur. Miike a une cinquantaine de films à son actif, dont a mon avis 99% de nanards incroyables mais aussi quelques films intéressants (Audition ou Dead Or Alive) malgré leur aspect "m'a tu vu" insupportable et grossièrement provocateurs voire vulgaire. Pourtant dans ce torrent de violence gratuite débile, de scènes grotesques et de provoc' à deux balles Miike arrivait quand même à faire du cinéma, c'est-à-dire jouer sur les images et leur agencement pour faire passer un sentiment ou une information. Miike ne mérite sans doute pas la réputation élogieuse faite par Tarantino et ses potes dans le monde occidental, mais il n'est pas inintéressant non plus à l'occasion. Toujours est-il qu'avec ce Sukiyaki Western Django il s'attaque à la saga des Django, les western spaghettis de Corbucci, en proposant cette prequelle (l'enfance de Django) et en transposant l'histoire dans le japon du XII éme siècle. Sauce aigre douce sur le nem, Tarantino est lui aussi de la partie.

 

Scénario : ca va être rapide, je n'ai rien compris. Vaguement il y a une histoire de combat entre des rouges et des blancs dans un village, un mercenaire qui n'a pas de nom à la recherche d'un trésor, une mamie ninja, un garçon aveugle qui plante des rosiers, des mecs en roulotte qui transportent une gatling dans un cercueil, Tarantino qui mange des œufs de serpents, un shérif schizophrène et le tout qui se retrouve au même endroit à la fin pour un énorme combat.

 

Si l'idée de voir des cowboys exclusivement japonais se battant avec des sabres de la haute couture sur le dos le tout en parlant anglais avec un accent incompréhensible ne vous rebute pas, il faut encore que vous ayez le courage de supporter une narration incompréhensible qui traite 4 intrigues en même temps, le tout avec des flashbacks toutes les 5 minutes, des acteurs épouvantables, de l'humour de cartoon et des personnages faisant passer Tokyo Hotel pour un groupe de rockeurs virils. Si vous arrivez à surmonter tout ca, vous pouvez vous flinguer, mais avant jetez un œil sur cette chose bizarroïde qui comporte quand même une photographie sublime, des scènes plutôt amusantes, d'autres assez malines, mais en tout cas beaucoup d'idées et une vraie maitrise du langage cinématographique. Par exemple la photographie est utilisée comme vecteur d'informations au même titre que les dialogues, dans une description chromatique des enjeux du combat rouge/blanc. Exemple plutôt chouette la scène finale, tout en blanc, seule le sang d'un blanc rappelle la défaite des rouges… Le montage également n'est pas en reste : de très belles idées notamment au moment de la mort de la mère, et du parallèle avec les roses…

 

Le gros problème du film, c'est que ces instants rares sont balancées pèle mêle dans un film qui ne s'arrête pas une seconde de faire n'importe quoi, mêlant l'humour le plus basique à la violence, le mauvais gout aux choses plus subtiles, et surtout ultra référentiel et mégalomane. Tout ce qu'il faut pour énerver un maximum le spectateur et au final pour plomber le film, qui devient une expérience assommante (2h quand même !) que l'on n'a pas envie de subir une deuxième fois. Surtout que bon les cowboys japonais sortis tout droit d'une gay pride, c'est dans le meilleur des cas ridicule, dans le pire une insulte au bon gout.

02.11.2008

HellBoy 2 de Guillermo Del Toro

18968273_w434_h_q80.jpgNon, ce blog n’a pas encore été déclaré cliniquement mort. Quelques lambeaux de temps grapillés ici ou là me permettent de temps en temps d’écrire pour Matiere Focale (pour conserver ce magnifique lieu de culture), mais aussi pour continuer à alimenter ce triste appendice solitaire, solitaire mais visible. Il est de plus en plus difficile de trouver dans l’actualité cinématographique actuelle de quoi nourrir le cinéphile soucieux d’originalité et de mystère, j’ai de plus en plus l’impression que la nécessité culturelle actuelle est de remplir la hotte pour faire oublier aux peuples de tout les pays civilisés que Babylone frôle de plus en plus le point de non retour absolu.

Hellboy, si je me souviens bien, est une sorte de diable invoqué par Raspoutine et les nazis ( !) pendant un tournoi de badminton qui a mal fini. Le démon vit actuellement aux USA, fume des cigares, boit des bières et regarde la TV dans la section cerf volant de la CIA. De temps en temps il sort avec ses amis travestis pour arrêter des invasions de poulpes d’Inde et autres rejetons de poupées vaudou en mal d’amour. Dans ce deuxième volet il se retrouve confronté à une armée de robots magiques bricolés en cachette par des nains évincés du casting de Fort Boyard dans les sous sols de Vulcania.

Le premier épisode m’avait déjà bien saoulé, avec ses énaurmes effets spéciaux en images de synthèses imbuvables et franchement laides, le film n’ayant d’intérêt que pour le découpage pas trop bâclé et deux ou trois scènes amusantes avec le seul acteur hollywoodien prognathe (Ron Perlman). Je préfère nettement le Del Toro de l’échine du Diable ou du Labyrinthe de Pan, qui arrivait a faire passer la pilule du fantastique pour adolescent avec des plans maitrisé et une utilisation des effets spéciaux servant le récit, et non l’inverse.

En ce qui concerne HellBoy 2, le constat n’est guère meilleur que pour son ainé. On a tout les défauts du premier volet, plus une espèce de patte d’auteur « Labyrinthe de Pan » désagréable qui donne l’impression qu’on a parfois affaire à des effets venant directement de l’avant dernier film et réutilisés tels quels. Le rythme est toujours aussi ennuyeux, les effets spéciaux sont encore une fois beaucoup trop utilisés et laids. Pire encore, le tout baigne dans une pseudo poésie mâtinée d’écologie bien opportuniste et qui fera sans doute pleurer le geek et sa copine gothique qui ont aimés Wall-e parce que « c’est beau l’amour, et les plantes encore plus ». Pas grand-chose à dire de ce grand spectacle vain et assourdissant, qui n’offre pas grand-chose à mettre sous la dent quand on a plus de 16 ans. Ou est passé l’ambiance des comics à la Edgar Allan Poe ? Entre deux explosions on trouve le temps bien long, surtout quand on a droit aux problèmes de couple d’une bactérie amphibie humanoïde avec une princesse groupie d’Alice In Chains, le tout sur fond de pop mielleuse. Les personnages secondaires sont des clichés de héros d’heroic fantasy, le tout donne une grande impression de déjà vu. Enfin j’imagine que ca fera de chouettes figurines pour les gosses à Noël.

02.10.2008

Vinyan de Fabrice du Welz's

18977017_w434_h_q80.jpgLe moins que l'on puisse dire c'est que l'on sent l'inspiration : première seconde du film, titrages à la Noé (Gaspard) et intro à la Hadzihalilovic (le chef d'œuvre Innocence), ca sent fortement la repompe. Enfin j'imagine qu'il vaut mieux pomper sur des grands films que sur le dernier film à la mode en Europe. Tsunami figuré en un plan complètement abstrait : ça commence sur les chapeaux de roue. Enfin de l'originalité, me dis-je in petto.

 

Rufus Sewell et Emmanuelle Beart (aïe) sont de riches expatriés installés en Thaïlande. Leur fils unique a eu la mauvaise idée de faire du surf un jour de tsunami, et à depuis disparu. Au bout de 6 mois Emmanuelle se refuse toujours à le croire mort. Lors d'une séance diapo elle croit apercevoir son fils en arrière plan. Il n'en faudra pas plus pour entamer une quête aux confins de la Birmanie, sur la piste des trafiquants d'enfants. L'aventure tourne rapidement au désastre…

 

Si le film commence bien, 10 secondes plus tard on déchante vite. Emmanuelle Beart d'abord : il faut la supporter, j'y arrive difficilement. Ensuite, la première demi heure du film est tout bonnement insupportable. Mal filmé est un faible mot. Les gros plans s'enchainent via une caméra à l'épaule qui bouge dans tous les sens, le tsunami cinématographique n'est pas loin. On tente de suivre désespérément Emmanuelle et Rufus dans Bangkok, de bordel en tripot. Ouch.

 

Heureusement, dès que le couple part se balader en Birmanie, les choses s'arrangent nettement, la photographie de Debie aidant. Alors oui je sais, Debie a toujours un peu la même photo de film en film, ce n'est pas très original. Toujours est il que ca change des derniers films tournés en Birmanie (Rambo 4, désolé) et que cette photo apporte une ambiance inquiétante et épaisse, un peu comparable à Délivrance (juste pour la photo, hein). Bon et puis la mise en scène s'est nettement calmée, et le scénario aussi. La dernière partie du film est purement sensuelle, le cinéaste abandonne complètement toute idée de scénario pour essayer de reproduire un "trip" comme dise les jeunes, un peu mystique avec des singes et des enfants. Bon, pour être honnête c'est un peu ridicule, ca rappelle les grandes heures de Kounen et son Blueberry, mais il y a quand même quelques idées de mises en scènes intéressantes, et surtout la photo est très soignée, donnant lieu à de véritables propositions esthétiques (là je vais me faire taper dessus, j'assume). En plus les enfants birmans sont maquillés comme le Joker dans le dernier Batman, et là c'est franchement désopilant. La fin du film renvoie presque à l'animalité, aux instincts les plus primaires, exacerbés par cet environnement. La femme, du côté de l'enfant, éternellement. Qui s'oppose à une mère et son enfant peut craindre le pire.

 

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Why so serious ?

 

Au final le film est vraiment bancal, sans doute raté, mais avec de beaux moments, je persiste à le penser. Les gros problèmes viennent surtout de l'interprétation (Beart, non) et de la mise en scène bien dégueulasse à certains moments du film. Quel dommage que Du Weltz ne soit pas resté sur son idée de départ à la Hadzihalilovic ! Quel beau film ca aurait été.

25.09.2008

Rien que pour vos cheveux de Dennis Dugan

18954788_w434_h_q80.jpgZohan est une sorte de super héros juif, travaillant pour le Mossad. Seulement il en a un peu marre de sauver son pays en se fritant régulièrement avec le Phantom, son alter égo palestinien. Un jour il décide de mettre en scène sa mort et de partir aux USA pour devenir coiffeur, son plus grand rêve dans la vie. De désillusions en désillusions il ne trouve du travail que dans un salon tenu par des palestiniens, a son plus grand dam. Mais très vite il impose son style de coiffure, tenant plus du show érotique que de l'art total. Le succès est au rendez vous, mais ses ennemis de toujours aussi…

 

Encore un film sorti de l'écurie Apatow, cette fois avec un sujet beaucoup plus sérieux que les problèmes de couples chez les trentenaires américains : la crise israélo-palestinienne et le manque d'ambition dans la coiffure post-11 septembre. Si l'idée est bonne et les thèmes intéressants, on regrette bien vite l'odieux message colporté par le film. La fin de l'histoire rassemble en effet les deux peuples, car le modèle américain permet l'amour et l'entente entre les peuples, fussent ils en guerre depuis 2000 ans. Les bienfaits d'une économie protectionnistes et d'un système libéral sur des conflits culturels et historique sont démontrés dans le happy end final.

 

Des plages du moyen orient aux quartiers américains la photo est plutôt originale : variantes de bleus et de jaune qui peut rappeler celle du dernier Wes Anderson, le cadrage est correct mais un peu anonyme comme dans la plupart des films estampillés Apatow. Le montage est plutôt classique, on regrette que les gags soit surtouts visuels et non provoqués par la mise en scène. Par contre le rythme n'est pas folichon, et le film aurait pu durer 30 mn de moins sans problème (il dure quand même 2h). Tout est bien moyen, mais les gags débiles à souhait sont très souvent hilarants, et les idées s'enchainent durant tout le film. Et puis la scène avec Mariah Carey est fabuleuse, elle révèle tout le potentiel d'actrice de la star, toute la sensibilité de cette femme adulée par tout Israël, comme une nouvelle icône de la mondialisation culturelle (le R'nB de chie), la seule vraie fédération entre les peuples c'est MTV. Merci la vie !

 

On est bien loin des précédents Apatow, avec un vrai fond intéressant sur les bases du couple comme socle de l'économie de marché, pour tomber dans le film potache à gags. C'est vraiment dommage que l'on n'ait pas un vrai film drôle sur le conflit au Proche-Orient, Rabbi Jacob ca commence à dater.

18.09.2008

Mother of Tears de Dario Argento

mother_of_tears.jpgAlors ca, pour nous infliger des films avec Vin Diesel ou des animaux en images de synthèses écolo, il n'y a pas de problème. Quand un réalisateur avec du talent essaye de sortir de l'ordinaire et propose autre chose, hop on le sort discretos en DVD, pour faire payer 20€ les braves gens. J'ai payé.

 

Suite et fin de la trilogie commencée avec le génial Suspiria et le grandiose Inferno, Mother Of Tears s'intéresse à la dernière Mère des sorcières, cette fois ci installée à Rome. Asia Argento (amour) est une étudiante en archéologie qui réceptionne un étrange colis : il s'agit d'une urne mystérieuse retrouvée dans un cimetière. Avec une de ses collègues, elle décide d'ouvrir l'urne : elle va alors réveiller le chaos et la destruction, et n'en réchappera qu'avec l'aide d'une mystérieuse force…

 

Inutile de vous cacher que je l'attendais ce film, avec une impatience folle depuis que j'ai vu les réactions que le film a suscité : navet, étron, ridicule, honteux… les éloges ne tarissaient pas, et toute la presse unanime poussait Argento au pilori. Forcément, ca donne envie. Par ou commencer ? Tellement de choses à dire tant le film est riche et ambitieux, c'est peut être le film le plus ambitieux d'Argento a ce jour.

 

En effet, pour Mother Of Tears, le maestro convoque l'enfer dans la ville aux 7 collines, ni plus, ni moins. De la photo (on y reviendra) à la musique, jusqu'à la mise en scène des rites cabalistiques, Argento fait tomber petit à petit Rome, pour en faire un tableau vivant à la Bosch, tout en entremêlant une atmosphère à la New York 97 (tags, violence urbaine, anarchie…). Le tout est ultra baroque, mélange d'érotisme et de violence, de feu et de sang ou d'or et de velours. Aux manettes, on retrouve avec plaisir les mouvements de caméras et les cadrages sublimes que l'on connaissait dans ses œuvres précédentes. Les personnages sont constamment cadrés sur le décor (et surtout les peintures murales !), car plus que jamais l'important c'est le détail (en bon héritier d'Antonioni) à portée de main, la peinture inquiétante ou les signes d'une activité sous jacente. Filmé avec beaucoup d'audace, le métrage oscille entre d'amples mouvements de caméras et des cadres fixes inquiétants (la scène de spiritisme avec le médium). Il y a comme souvent chez Argento des scènes de climax impressionnante, à la différence qu'ici, elles n'aboutissent jamais ! Par exemple le long plan séquence sublime ou l'on découvre en même temps qu'Asia la maison des sorcières n'abouti sur rien ! En effet elle fait le tour de la maison, mais sans rien découvrir : elle monte les escaliers, la tension monte aussi (nous sommes dans le noir, éclairés par des vitraux lugubres), puis elle… redescend ! Contre emploi délicieux qui baigne le film dans un faux rythme, tout en loucedé. Et il joue constamment sur ce sentiment le bougre ! Asia à le pouvoir de se rendre invisible, et toute les scènes de suspense se terminent comme cela, elle disparait, pouf. La fin du film, complètement ridicule, rite érotique incroyable est à cette image : il suffira à Asia de bruler un vêtement pour mettre fin à tout cela (!). En gros tout le climax accumulé depuis le début du film, retombe à la fin comme un soufflet. C'est particulièrement osé et un peu en forme de doigt levé bien haut. On comprend alors mieux la réaction de la presse. Bon jusqu'à présent on est dans une forme complètement libérée de baroque : le splendide côtoie le grotesque, le ridicule. Une sorte de mélange du Fantôme de l'Opéra et d'Inferno. Le plus beau est encore à venir.

 

Les points les plus beaux du film sont sans nuls doutes la photo, et la lumière. Niveau éclairage, le film est sublime. Les traditionnels éclairages bleus d'Inferno sont présents, mais par petites touches, et a certains moments bien précis. Le rouge de Suspiria est bien loin. Non la dominante est un mélange de lumières naturelles et artificielles, sans doute retouchées en post prod (les reflets notamment) le tout dans une photo superbe mêlant à l'obscurité et à l'ombre des couleurs chaudes chatoyantes qui vont bientôt disparaitre de plus en plus, laissant les ténèbres gagner (on revient au fameux plan séquence dans la maison). La direction artistique rend à merveille l'ambiance chaotique que les sorcières font planer sur Rome.

 

Ces fameuses sorcières sont des genres de tops-model que l'on dirait habillée comme pour un défilé, maquillées comme des voitures volées qui traversent la ville en insultant les gens. C'est là encore ridicule et grotesque, mais en habile contraste avec la sobriété d'Asia Argento qui parait très sage (pour une fois) et vertueuse. Tout est balisé par la direction artistique, qui cherche dans un premier temps la sobriété (on ne voit pas les monstres au début) et qui petit à petit peuple la ville de créatures étranges et monstrueuses aux ordres de la Mère des Larmes. Argento, depuis son aventure américaine, se lâche manifestement plus qu'avant, et n'a plus peur d'user du gore ou de l'érotisme outrancier : la fin du film ressemble véritablement a une descente dans l'œuvre de Bosch. Le film est très premier degré, comme de coutume chez Argento.

 

Si j'ai longuement parlé des cotés positifs du film, il n'en est pas pour autant exempt de défaut à mes yeux. En effet l'utilisation (nouvelle chez Argento) d'effets spéciaux numériques est assez mal foutue : tous les plans utilisant des images de synthèses sont plutôt moches (les incrustations de la mère d'Asia, les incendies, certains reflets) et mal utilisées. Le film aurait gagné en utilisant des effets plus artisanaux. De même que la partition de Simonetti est quand même un peu too much, on est loi des gobelins de Suspiria. Reste un magnifique mélange de grotesque et de sublime, transcendé par la mise en scène et la direction artistique. Plus que jamais Argento innove encore et boucle sa période fantastique en apothéose (il va retourner vers le giallo apparemment), dans le luxe de l'Italie mystique moyenâgeuse.

15.09.2008

Babylon AD de Mathieu Kassovitz

18934920_w434_h_q80.jpgQue sont devenus les enfants de Babylone ? Le bouquin de Dantec s'appelait Babylon Babies et la bonne nouvelle, c'est que le film n'a quasiment rien à voir, même rien du tout d'ailleurs. Le livre traitait de la naissance de la méta-humanité dans la plus pure lignée de Nietzche, dans un monde pas si éloigné du notre ou les sectes auraient main mise sur les mafias et joueraient au lego avec l'ADN humain (quoi, c'est déjà le cas ?). La mère porteuse de ces enfants était une schizophrène shootée traversant l'Europe en déperdition puis l'Amérique en pleine guerre civile.

Dans le film de Kassovitz, Vin Diesel fait du jet ski, tombe amoureux et latte des serbes dans la plus pure lignée de Chuck Norris. Du grand n'importe quoi à l'état pur, à l'image de Depardieu jouant le rôle d'un mafioso russe.

Kassovitz nous fait le même coup que Gens pour le splendouillet Hitman : il s'est cassé aux states pour faire le malin, et résultat la Fox lui a pourrit son film. En tout cas c'est ce qu'il raconte, et moi je veux bien le croire, je suis comme ca. En même temps pour pourrir un film, Vin Diesel est pas mal non plus. Pas parce qu'il ressemble à Yannick Dahan (si je veux), mais parce qu'il est aussi expressif qu'un dindon empaillé dans le salon de votre oncle chasseur. En plus de cela vous rajoutez Michelle Yeoh (bien sur elle fait du Kung Fu, rôle de composition donc), une vague potiche blonde dont j'ai oublié le nom, divers acteurs abominables sortis de nulle part et une BO ignoble mélange entre Carl Off et le Wu Tang Clan. C'est pas un film de tafiole, on va quand même pas respecter l'œuvre original et donner dans le psychédélisme chrétien du bouquin. J'imagine un sourire aux lèvres la gueule de Dantec dans son bunker canadien anti-musulman lorsqu'il a vu le film.

Pas grand-chose à dire donc tant le film est mauvais sur tous les points de vue. Le seul intérêt, les scènes d'actions, sont atrocement mal foutues. La photo est dégueulasse, les décors pourris, les effets spéciaux à vomir, bref une fois sorti de la salle on a tout oublié vite fait.

Les enfants de Babylone, les futurs anges censés éclairés le monde à venir sont mort avant d'être nés, sans doute la faute à Lambert Wilson, incapable de jouer comme il faut son rôle de père. C'est marrant de voir un bouquin stigmatisant la décadence être adapté par les chefs d'orchestre de cette même décadence. Rien que l'adaptation en film tendrait à renforcer le bouquin, en avatar de sa pertinence actuelle. C'est bête, il y avait des idées sympas, comme la carte en papier électronique, ou les chaines de télés google… Au final on a une débauche de rien porté par un beauf qui se fait courser par des yamakasis en Ouzbékistan. Triste réalité.

 

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11.09.2008

Hamburger Film Sandwich de John Landis

hamburgerfilmsandwichgf.jpgS'il y a des films importants, HFS en fait partie. John Landis, en 77, réalise surement un des films les plus importants de sa vie. En pleine période de guerre froide et du vietnam, il accouche d'une œuvre absolue mettant en scène les conflits Américains, et les rapports qu'ont entretenus les medias avec ces derniers. Loin des films militants et politiques de ses amis réalisateurs de l'époque, il se permet de réaliser une œuvre absolutiste et iconoclaste qui traite aussi bien de la reconnaissance des gerbilles pas la naissante société de consommation, du devenir des étudiantes catholiques ou des prothèses de mains dans les films de Kung Fu. Déjà en 77 le film dénonçait le plastique et sa terrible hégémonie sur les ménages américains.

 

Hamburger Film Sandwich est un bouleversement, une expérience artistique qui fera vaciller vos convictions profondes sur le monde et la libido des gorilles. Déjà Landis s'inquiétait de la liberté et de l'objectivité dans les medias : on se souviendra avec les larmes aux yeux de la scène de condamnation du journaliste piégé par une caméra omniprésente. Le châtiment encouru, forcement inhumain, donne encore des frissons à des millions de spectateurs ébahis : condamné à se rendre quotidiennement au travail sur un vélo sans selle. Fureur des sentiments, jaillissement de la conscience de masse dans le siècle du mass-média, le cinéma tutoie l'abyme. Dans un final terrifiant, la télé nous regarde : et si finalement nous avançons vers la solitude, c'est que l'essence augmente.

 

Puisqu'une bande annonce vaut mieux que 1000 mots :

 

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