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26.11.2008

Sukiyaki Western Django de Takashi Miike

sukiyaki-western-django.jpgAïe Aïe Aïe. Ca va être difficile de parler du nouveau film de ce cinglé de Miike, dont je n'ai absolument rien compris et qui fait tout son possible pour énerver au maximum le spectateur. Miike a une cinquantaine de films à son actif, dont a mon avis 99% de nanards incroyables mais aussi quelques films intéressants (Audition ou Dead Or Alive) malgré leur aspect "m'a tu vu" insupportable et grossièrement provocateurs voire vulgaire. Pourtant dans ce torrent de violence gratuite débile, de scènes grotesques et de provoc' à deux balles Miike arrivait quand même à faire du cinéma, c'est-à-dire jouer sur les images et leur agencement pour faire passer un sentiment ou une information. Miike ne mérite sans doute pas la réputation élogieuse faite par Tarantino et ses potes dans le monde occidental, mais il n'est pas inintéressant non plus à l'occasion. Toujours est-il qu'avec ce Sukiyaki Western Django il s'attaque à la saga des Django, les western spaghettis de Corbucci, en proposant cette prequelle (l'enfance de Django) et en transposant l'histoire dans le japon du XII éme siècle. Sauce aigre douce sur le nem, Tarantino est lui aussi de la partie.

 

Scénario : ca va être rapide, je n'ai rien compris. Vaguement il y a une histoire de combat entre des rouges et des blancs dans un village, un mercenaire qui n'a pas de nom à la recherche d'un trésor, une mamie ninja, un garçon aveugle qui plante des rosiers, des mecs en roulotte qui transportent une gatling dans un cercueil, Tarantino qui mange des œufs de serpents, un shérif schizophrène et le tout qui se retrouve au même endroit à la fin pour un énorme combat.

 

Si l'idée de voir des cowboys exclusivement japonais se battant avec des sabres de la haute couture sur le dos le tout en parlant anglais avec un accent incompréhensible ne vous rebute pas, il faut encore que vous ayez le courage de supporter une narration incompréhensible qui traite 4 intrigues en même temps, le tout avec des flashbacks toutes les 5 minutes, des acteurs épouvantables, de l'humour de cartoon et des personnages faisant passer Tokyo Hotel pour un groupe de rockeurs virils. Si vous arrivez à surmonter tout ca, vous pouvez vous flinguer, mais avant jetez un œil sur cette chose bizarroïde qui comporte quand même une photographie sublime, des scènes plutôt amusantes, d'autres assez malines, mais en tout cas beaucoup d'idées et une vraie maitrise du langage cinématographique. Par exemple la photographie est utilisée comme vecteur d'informations au même titre que les dialogues, dans une description chromatique des enjeux du combat rouge/blanc. Exemple plutôt chouette la scène finale, tout en blanc, seule le sang d'un blanc rappelle la défaite des rouges… Le montage également n'est pas en reste : de très belles idées notamment au moment de la mort de la mère, et du parallèle avec les roses…

 

Le gros problème du film, c'est que ces instants rares sont balancées pèle mêle dans un film qui ne s'arrête pas une seconde de faire n'importe quoi, mêlant l'humour le plus basique à la violence, le mauvais gout aux choses plus subtiles, et surtout ultra référentiel et mégalomane. Tout ce qu'il faut pour énerver un maximum le spectateur et au final pour plomber le film, qui devient une expérience assommante (2h quand même !) que l'on n'a pas envie de subir une deuxième fois. Surtout que bon les cowboys japonais sortis tout droit d'une gay pride, c'est dans le meilleur des cas ridicule, dans le pire une insulte au bon gout.

Commentaires

Pour la durée, c'est d'actualité avec la sortie DVD FR qui propose un remontage d'1h30 qui doit écrémer pas mal les lourdeurs interminables du film. À l'occasion, peut-être qu'un visionnage de cette version pourrait être sympa... Enfin, peut-être... :)

Ecrit par : Michael | 26.11.2008

N'empêche mon cher Norman, je vous pensais plus endurant : ce 'Sukiyaki' me semble justement un Takashi Miike soft, juste assez extravagant pour justifier la réput du réal et la "Tarantino touch" qui aidera à le vendre à l'export, mais bien loin des extrémités nawak d'un 'Gozu' et autres 'Izo'. Disons que dans l'astronomique et éclectique et inégale filmographie de Miike, sur l'échelle de la concession commerciale et du délire perso c'est plus proche de 'La mort en ligne' (en hachement plus digestible quand même) que de 'Ichi the killer'.

(je confirme que le montage jap est trop long et que la version dispo en DVD devrait corriger un peu le tir)
(en passant les décors sont excellentissimes)
(vu à Kinotayo ? on était dans la même salle dis donc...)

Ecrit par : Epikt | 05.12.2008

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