11.08.2008

Surveillance de Jenny Lynch (2008)

18952963_w434_h_q80.jpgOui, j'ai envie de l'appeler Jenny. Et de lui écrire un texte à sa gloire, et puis de l'épouser, mais je doute fort que ca vous intéresse. Un truc qui peut vous intéresser, c'est que mes pires craintes se sont avérées fondées : Pixar à été fondé par Steve Jobs, PDG d'Apple. Donc Wall-e était bien une pub. No comment.

 

Comment un père peut il être le producteur exécutif de sa fille ? J'imagine que ca doit ressembler à la conduite accompagnée, cause de biens des disputes parents/enfants. Pour autant le film ne porte pas spécialement la griffe des films du saint père, c'est ici beaucoup plus "austère" et série B. En tout cas, je ne sais pas si c'est David qui est à l'origine du retour de Jenny dans le 7e art, mais il était temps ! 15 ans sans nouvelles, tout de même.

 

Ca va être difficile de résumer le scénario. On va partir du début : un double meurtre dans ce qui semble être un motel, générique, puis deux agents du FBI, Mulder et Scully, ah non Bill Pullman et Julia Ormond (elle aussi je veut l'épouser) débarquent dans le commissariat de Michael Ironside pour enquêter sur un meurtre, à priori lié. Le commissariat local est composé de rednecks amateurs d'armes à feu, impliqués dans l'enfer d'une fusillade et aux prises avec des tueurs en série bien plus intelligents qu'eux. Heureusement que le FBI est là pour les aider…

 

Quelle bouffée d'air pur, de voir sortir sur nos écrans estivaux autre chose qu'un énième blockbuster idiot ou qu'un dessin animé pour mioches attardés. A l'affiche un casting impeccable d'acteurs trop rares ces derniers temps (Ormond, Pullman, Ironside), photo expressive, mise en scène significative (j'avais presque oublié qu'on pouvait dire des choses hors champ), construction narrative élaborée construite sur le montage des scènes et leurs positions dans le film. Oui, Surveillance est avant tout une construction narrative très efficace, qui repose sur l'interprétation d'événements par des gens différents. Chaque protagoniste de l'histoire à sa version, qui est passée au crible par les deux enquêteurs. C'est Pullman qui, derrière ce qui ressemble étrangement à un banc de montage, choisit les témoignages et nous les fait découvrir dans l'ordre qu'il a choisit. Ce qui est très beau, c'est qu'à aucun moment on ne sait si c'est la vérité que l'on voit, ou que l'on a vue : l'histoire s'enchaine avec des zones obscures, sans qu'a aucun moment on n'accède aux témoignages vraiment enregistrés. Le film se construit comme cela, sans que le spectateur ne puisse rien croire vraiment. Les zones d'ombres volontaires finissent par laisser planer un doute angoissant, qui se verra confirmé à la fin du film. Fin qui a fait couler beaucoup d'encre, tant elle paraît grotesque à bien des abords, mais qui est en fait la démonstration que c'est le réalisateur (ou le monteur, ici c'est pareil) qui façonne la perception du spectateur. C'est très punk comme fin, puisque c'est quasiment un doigt au public qui attend un dénouement digne d'un épisode des experts malibou, et qui se retrouve non seulement devant une non-fin (aucun dénouement dans l'enquête elle-même au final) mais en plus devant le grotesque absolu : une blague de gamin bien cruelle. C'est autre chose que Super Nanny !

 

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Hormis ce très beau montage, la photo est la mise en scène ont un véritable impact sur cette même perception des événements. Le très splendouillet commissariat (la tapisserie !), sorte de matrice introspective donne naissance au chaos le plus affreux et sert de trame au drame. La photo est très classique pour ce genre de film, mais est habilement utilisée dans le cadre du commissariat justement. L'influence de David Lynch se fait un peu sentir au générique (d'ailleurs très réussi), pour au final disparaitre très vite, et laisser place à quelque chose de bien plus personnel. Il y a des ralentis très farfelus et donc sublimes, utilisés ca et là.

 

En somme, un film très habile et très beau, dont on ne sait jamais où il va nous emmener, se dérobant sans cesse sous les pieds du spectateur. Un vrai régal, et bien plus qu'une simple série B.

Commentaires

Assez d'accord avec toi (bien vu, le parallèle entre le lieu où Bill Pullman procède aux interrogatoires et la table de montage). J'aime assez la manière dont Jennifer Lynch dépasse le côté un peu trop bien "huilé" de son scénario en dissociant la parole (des témoins) et les images (qui les contredisent).
En revanche, je souhaite également épouser Julia Ormond alors je te propose un duel : choisis les armes...

Écrit par : Dr Orlof | 14.08.2008

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